Trump attaque frontalement l’ONU : “Et si on ressortait une vieille proposition belge ?”

24 septembre 2025 – Bamako – À l’approche du 80ᵉ anniversaire de l’Organisation des Nations Unies, prévu le 24 octobre, le président américain Donald Trump a profité de l’Assemblée générale pour adresser une critique virulente à l’institution. Selon lui, l’ONU “ne fait rien pour arrêter les guerres et ne fait que créer des problèmes”.

Une attaque sans précédent

Devant les dirigeants du monde entier, Donald Trump a qualifié l’ONU d’“inutile”, reprochant à l’organisation d’enchaîner “de belles paroles” sans effet concret sur les conflits en cours. Dans son discours, il a affirmé avoir lui-même résolu plusieurs crises, tout en accusant l’ONU de rester passive.

Pour David Criekemans, professeur de politique internationale à l’université d’Anvers, cette sortie s’inscrit dans la vision de Trump : “Ce n’est pas la première fois qu’il critique les Nations Unies, mais jamais de manière aussi virulente. Selon lui, les structures multilatérales actuelles sont inefficaces et doivent laisser place à une politique dominée par les grandes puissances.”

Une organisation toujours pertinente ?

Malgré ces critiques, l’expert belge rappelle que “l’ONU reste plus pertinente que jamais, même si son fonctionnement mérite d’être amélioré”. Le risque, selon lui, serait de voir émerger un monde où les petits pays, comme la Belgique, n’auraient plus voix au chapitre.

En 1945, lors de la création de l’organisation, le Premier ministre belge Paul-Henri Spaak plaidait déjà pour un système où tous les États, grands ou petits, seraient placés sur un pied d’égalité. Spaak avait notamment proposé de limiter le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité lorsqu’ils étaient directement impliqués dans un conflit. Une idée restée lettre morte, mais que certains jugent aujourd’hui toujours d’actualité.

Le paradoxe du droit de veto

Le Conseil de sécurité demeure en effet paralysé par les vétos croisés des États-Unis et de la Russie, notamment sur les dossiers de Gaza et de l’Ukraine. Une situation qui conforte l’argumentaire de Trump, même si, paradoxalement, ce blocage est aussi le fruit de la position américaine.

Entre critique et diplomatie

En marge de son discours, Donald Trump s’est montré plus nuancé lors d’un entretien avec le secrétaire général António Guterres : “Je ne suis pas toujours d’accord, mais je soutiens pleinement l’ONU, car je pense que ce système a un potentiel énorme pour la paix.” Une déclaration qui tranche avec son ton offensif à la tribune.

Guterres, dont le mandat touche à sa fin, a répondu en insistant sur la disponibilité de l’ONU à travailler pour une paix juste et durable. Mais selon David Criekemans, “la vraie question sera celle de sa succession et du rôle que le futur secrétaire général pourra réellement jouer”.


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